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Assises universitaires du français 2016

Du 3 au 5 octobre, l'université linguistique d’État de Moscou a accueilli dans ses murs l'édition 2016 des assises universitaires du français, point d'orgue annuel de la vie du réseau de l'enseignement du français en Russie. Il s'agit pour la centaine d'universités partenaires venant de plus de 60 villes de faire le point sur l'année écoulée et de définir de nouveaux objectifs pour l'année à venir.

La thématique centrale des travaux de ces assises a été le rôle de l'interculturel dans l'enseignement des langues. Le MGOU, et plus particulièrement le département de langues romanes, a pris une part active dans les échanges.

Lors de la cérémonie d'ouverture, l'ambassadeur de France en Russie, monsieur Jean-Maurice Rippert, a souligné l'importance de la communication interculturelle à l'heure de la montée du nationalisme et du repli sur soi. Il a également signalé l'ouverture de 2 nouvelles alliances françaises à Voronej et à Iakoutsk, l'inauguration d'une francothèque de 200 m² au sein de la bibliothèque des langues étrangères, et le fait que la France est redevenue le premier investisseur étranger en Russie. Ces annonces viennent tempérer les inquiétudes quant à la place du français en Russie et l'on espère que la célébration en 2017 du tricentenaire de la Grande Ambassade de Pierre Ier viendra renforcer les liens entre les 2 pays.

L'ambassadeur de Madagascar, monsieur Eloi Maxime Dovo, dont le pays s’apprête à accueillir le sommet de la francophonie, a souligné la diversité des cultures au sein de la grande famille des 300 millions de francophones.

Les interventions dans le cadre des travaux scientifiques ont permis d'aborder le thème de cette année sous plusieurs angles.

Christian Puren s'est penché sur les problématiques liées à la compétence culturelle et interculturelle dans les approches communicatives et actionnelles.

Jean-Claude Beacco s'est intéressé à la notion de compétence interculturelle, proposant de la remplacer par la notion d'éducation à l'altérité.

Tatiana Zagryazkina a replacé l'histoire de l'enseignement du français en Russie dans une perspective historique.

Enfin Jean-Pierre Cuq a clos la première journée en revenant sur le rôle central de l'enseignant et les enjeux didactiques des cultures d'apprentissage et d'enseignement.

Ekaterina Belavina a ouvert la journée suivante avec l'évocation de l'oeuvre de Marceline Desbordes-Valmore, puis Luba Jurgenson est intervenue sur le bilinguisme et les nombreuses questions que ce phénomène soulève.

Virginie Tellier est intervenue sur le discours du fou et la représentation de la folie dans la littérature romantique européenne de la 1re moitié de XIXe siècle, thème littéraire qui permet au travers des textes de se confronter à l'altérité tout en soulignant le commun, le « même ».

Nadejda Buntman a presenté une spécificité culturelle francophone : la bande dessinée, et les manières dont elle peut-être utilisée en cours de français et de traductologie.

L'aspect pratique de ces assises n'était pas en reste puisque la 3me journée a été intégralement consacrée à des ateliers pédagogiques permettant de répondre aux attentes concrètes des enseignants de français.

Le département de langues romanes du MGOU tient à remercier les organisateurs des assises pour leur précieux apport à l'enseignement du français en Russie, tant sur le plan théorique que pratique.